« Les livres ne sont pas faits pour être crus, mais pour être soumis à l’examen. Devant un livre, nous ne devons pas nous demander ce qu’il dit mais ce qu’il veut dire », écrivait Umberto Eco. Pour certains, rares il est vrai, qui résonnent en nous, nous font grandir et voyager dans ce que l’homme a de plus universel, la tâche est facile et magnifique. Mais pour la majorité d’entre eux, qu’est-ce que ce livre m’a apporté est la seule question qui demeure, une fois la dernière page tournée. Le rôle de lecteur se cantonne alors à celui de spectateur. C’est le cas, du moins pour moi, de L’infiltré de la Havane, de Nikos Maurice.
Même si l’auteur semble s’être bien documenté sur les derniers mois de Batista et la montée en puissance de Castro, exposant les dissensions existant entre les différents courants politiques opposés au dictateur, l’ingérence américaine dans le business, le renseignement, avec en filigrane l’avortement et la déstabilisation de la révolution castriste, nous baladant dans l’ambiance futile et insouciante des touristes et de la haute et moyenne bourgeoisie cubaine, de maisons feutrées en d’hôtels de luxe et en casinos, où se croisent prostituées et mafieux (représenté ici par Meyer Lansky), où se négocient tous les trafics, le blanchiment d’argent et les trahisons en tous genres, l’exercice reste très intellectuel.