« L’un des plus grands héros de mon enfance, mon oncle Jack, se livrait avec une joie obstinée à l’un de ses passe-temps favoris. Depuis son immense lit sculpté, un pistolet de calibre 22 dans sa main tremblante de lendemain de cuite, il tirait sur les mouches rassemblées qui se régalaient de la confiture dont il avait barbouillé le plafond ».
Ces mémoires piquantes de l’un des grands acteurs américains restaient introuvables dans l’édition française, ou alors à des prix que la courtoisie littéraire nous empêche de relever. On devait la première édition à Roland Jaccard pour sa Collection Perspectives Critiques aux PUF, c’était en 2004. Cette nonchalance, ce style, cette attitude d’élégant dédain (1) du comédien aux cent dix films, dont quelques pépites et de nombreux navets ne laissèrent pas indifférent Roland Jaccard, grand admirateur de Louise Brooks et ami de Cioran. Depuis Roland Jaccard, comme quelques années plutôt George Sanders, a mis fin à ses jours, à ses livres et à ses chroniques, même si quelques amis inconnus continuent à le lire et à relire, souvenirs de temps anciens, que certains diraient perdus !