Identification

Les Livres

Sollers, le musicien de la vie – Yannick Gomez (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 08 Mai 2026. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, En Vitrine, Cette semaine

Sollers, le musicien de la vie – Yannick Gomez – Préface de Rémi Soulié – Essai – Nouvelle Marge – 144 p. – 18 euros – 06/12/2025.


« Je savoure toujours, chez lui, la vitesse et la fulgurance d’exécution – y compris avec une joie mauvaise, je le reconnais, parce qu’elle a le mérite d’égarer puis de perdre les demi-habiles qui, faute de reconnaître la virtuosité, soupçonnent l’imposture. Oui, Sollers est rapide, en immobile voyageur du temps. »

Rémi Soulié – Notes sur un inconnu – Préface

« Lorsque Sollers écrit sur Haydn, sur Mozart, il nous éclaire pour beaucoup sur sa propre conception de la littérature, et par là, en s’appuyant sur la musique, nous dévoile la valeur qu’il lui confère. Celle d’un trace, d’un héritage, d’une signature sonore voulue et espérée comme authentique et irréfragable. »

Yannick Gomez – Sollers, le musicien de la vie

La Chaussure sur le toit, Vincent Delecroix (par Olivia Guérin)

Ecrit par Olivia Guérin , le Vendredi, 08 Mai 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Nouvelles, Folio (Gallimard)

La Chaussure sur le toit, Gallimard, 2007 ; réédition « Folio », 2009, 248p., 8,60€. Edition: Folio (Gallimard)


Que fait donc cette chaussure sur le toit d’un immeuble parisien longeant les voies de la Gare du Nord ?

Cette question – en apparence anecdotique, voire franchement saugrenue –, est au cœur du livre La chaussure sur le toit de Vincent Delecroix, qui réussit le tour de force de tenir en haleine son lecteur sur près de 250 pages. Avec pour point de départ cet objet improbable, mystérieusement posé là, l’auteur parvient à bâtir un projet formel inventif et stimulant : une véritable gageure !

L’ensemble est constitué de dix récits, adoptant des points de vue à chaque fois différents. Autour de cette chaussure incongrue gravitent différents personnages qui habitent ou fréquentent cet immeuble, sorte de microcosme urbain où se croisent sans vraiment se rencontrer des personnages contrastés : un artiste contemporain, un unijambiste, un sans-papiers, une vieille dame capricieuse et qui s’amourache d’un jeune pompier, une enfant au sommeil agité, des chiens anthropomorphes, un présentateur télé en fin de course, un amoureux conduit et jaloux qui se mue en cambrioleur…

Très brève théorie de l’enfer, Jérôme Ferrari (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 07 Mai 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud, En Vitrine, Cette semaine

Très brève théorie de l’enfer, Jérôme Ferrari, Actes Sud mars 2026, 148 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Jérôme Ferrari Edition: Actes Sud

 

L’enfer est vide, tous les démons sont ici

(William Shakespeare, La Tempête)


La beauté sombre et âpre de ce roman s’empare peu à peu du cœur du lecteur et s’y installe comme une leçon de Ténèbres. Jérôme Ferrari est au sommet de l’art du roman et sa maestria porte cet ouvrage jusqu’à la perfection. Il y encadre une métaphore de la condition humaine dans un thrène lancinant, bouleversant. Les êtres qui errent dans cette dérive désespérante renvoient, à chaque coin de phrase, aux errances de notre destin.

L’incipit est un introït de messe de Requiem aux damnés de la Terre :

American Spirits, Russell Banks (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 07 Mai 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Actes Sud

American Spirits, Russell Banks, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Furlan, Actes Sud, février 2026, 256 pages, 22,80 € . Ecrivain(s): Russel Banks Edition: Actes Sud

 

Il est désagréable de parler de Russell Banks au passé, même si on n’a pas lu son œuvre dans son intégralité : entre autres, il est et restera le président du regretté Parlement des Écrivains, et ce titre lui va comme un gant. A-t-on envie de disserter sur l’œuvre de Russell Banks ? Non. Juste dire qu’au moins trois de ses romans persistent dans l’esprit du lecteur amateur de ces histoires de l’Amérique au niveau des histoires de Springsteen – et c’est un fameux compliment. Allez, pour le plaisir : La Relation de mon emprisonnement, De Beaux lendemains et American Darling. Et on feint d’en oublier quatre ou cinq du même tonneau.

Mais il n’y en aura plus d’autres, donc, et Americain Spirits, recueil de trois nouvelles, est la dernière fois que le nom de Russell Banks apparaît dans le fil de l’actualité littéraire – mais quelle belle queue de comète ! En effet, c’est un peu comme pour l’œuvre de certains auteurs que la Faucheuse n’a pas pris par surprise : l’impression que Banks a ramassé en trois brefs récits aussi puissants qu’un poing volant à toute allure tout ce qui est constitutif de son œuvre, avec au premier plan cette question lancinante que semble poser à l’Amérique une bonne partie de l’œuvre de Banks :

Projet Dernière Chance, Andy Weir (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 07 Mai 2026. , dans Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Roman

Projet Dernière Chance, Andy Weir, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nenad Savic, Ed. Bragelonne, mars 2026, 600 pages, 9,95 €

 

La presse dans son ensemble célèbre l’adaptation cinématographique de Projet Dernière Chance par Phil Lord et Christopher Miller, avec Ryan Gosling en tête d’affiche ; très bien, mais on reste libre de se faire son propre cinéma en cours de lecture, surtout si le roman est d’aussi bonne facture que celui signé Andy Weir, son troisième après Seul sur Mars (porté lui aussi à l’écran) et Artémis.

De bonne facture, il l’est grâce à son dispositif narratif : l’essentiel de l’action se déroule dans le vaisseau Dernière Chance, où se réveille un Ryland Grace comateux et à qui la mémoire revient peu à peu, d’où des flashbacks arrivant toujours à point nommé pour expliquer la raison de telle émotion ou la connaissance de telle technique, la possession de tel savoir.