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Les Livres

Le Palais- François-Henri Désérable (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 10 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard, La rentrée littéraire, Cette semaine

Le Palais- François-Henri Désérable – Gallimard – 400 p. - 23 euros – 20-08-26. . Ecrivain(s): François-Henri Désérable Edition: Gallimard


« Au début, on crut à de l’esbrouffe. Certains haussèrent les épaules : le gamin avait dû mémoriser une liste d’arômes et maintenant il les débitait mécaniquement sans même les sentir. Mais à mesure qu’il égrenait les arômes se produisait une chose étrange : chacun portait son verre à ses narines, ou bien en buvait une gorgée, et reconnaissait alors ce qu’il venait d’entendre. »

Le Palais est l’éblouissant roman d’Arun, un enfant qui deviendra le plus exceptionnel nez du monde de l’œnologie, un surdoué du vin, un héros de la dégustation, un découvreur unique d’arômes, un enfant adopté en Inde par une famille bourguignonne, qui portera la Bourgogne au cœur et aux lèvres. Rien ne lui échappera, les vins de Bourgogne, comme ceux du Bordelais, les vins de lointaines contrées, vins rares, disparus depuis longtemps des mémoires vigneronnes, comme ceux que la jeunesse fait encore douter de leur avenir en bouteille.

Le chardonneret, Donna Tartt (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Jeudi, 10 Septembre 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, USA, Roman, Cette semaine

Le chardonneret/donna tartt/traduction edith soonckindt/pocket/2015/1104 pages


Aurais-je agi autrement si j’avais eu une personnalité différente ou quelle personnalité aurais-je eu, si ma mère n était pas morte ce jour-là.

J’ai lu Le Chardonneret en version originale (je ne parlerai donc pas de la forme et du style) en trois semaines et ces deux questions sans point d’interrogation sont en français quelque part dans ma tête. Comme un rêve qui s’accroche aux membranes de l’hippocampe parce qu’il a eu le temps de s’en souvenir. L’ambiance spectrale des rues de New-York. À l’intérieur, les personnages et un tableau, Le Chardonneret. Theo dans l’atelier de Hobie, en sous-sol, entre la boutique d’un artisan et le laboratoire d’un alchimiste. Le sanctuaire d’odeurs, la chaleur du poêle au centre et la lumière en pigments. La cuisine glaciale, chez le père, à Las Vegas. La géométrie du vide et de l’absence. Les dates d’entrée associées aux dates de sorties. Le tableau existe.

Si c’est un homme, Primo Levi (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 09 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Pocket, En Vitrine, Italie, Cette semaine, Classiques

Si c’est un homme, Primo Levi, traduit de l’italien par Martine Schruoffeneger, Pocket, octobre 1998, 213 pages, 7,40 € . Ecrivain(s): Primo Levi Edition: Pocket

 

Contextualisons cette lecture en deux temps. Ici, à La Cause Littéraire, les rédacteurs sont incités à écrire au fil de leurs envies, qui parfois croisent l’actualité, d’où un contenu éditorial où des classiques côtoient des nouveautés ; pour un amateur de littérature aimant à partager, cette liberté est précieuse, car on a parfois envie de mettre le présent entre parenthèses et de plonger dans le passé, façon pêcheur de perles, et raconter émerveillé ce qu’on y a croisé. Seconde motivation, liée à ma profession. Tous les ans, je fais regarder à mes élèves La Vie est belle de Roberto Benigni pour les faire réfléchir à la problématique éthique que pose cette représentation cinématographique, façon comédie sentimentale de surcroît, de la Shoah ; la polémique n’est pas neuve, elle a quasi trente ans, mais peut-être la distance temporelle, se creusant chaque année avec le sujet apparent de ce film, est-elle une incitation à faire ressentir la nécessité de réfléchir à ce qui ressemble très fort au trou noir de l’Histoire, sidérant, et à comment en parler, comment l’évoquer. Et en cours de séquence, je mentionne brièvement, trop brièvement Si c’est un homme, tout en disant aux élèves que c’est peut-être le témoignage à lire sur la Shoah. À ceci près qu’il y a bien vingt ans que je ne l’ai plus lu. D’où ce désir d’y retourner.

Trois cahiers avec une chanson Suivi de Source de la Loue, Jean-Charles Vegliante (par Valérie T. Bravaccio)

Ecrit par Valérie T. Bravaccio , le Mercredi, 09 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Cette semaine

Trois cahiers avec une chanson Suivi de Source de la Loue, Jean-Charles Vegliante, édition de l’Atelier du Grand Tétras, 2020, 64 p., 12 €


Le thème dominant du nouveau recueil de Jean-Charles Vegliante est le temps du travail d’écriture, celui d’une mise au propre de « […] quelques bouts / de quelque chose qui deviendra peut-être / si l’on peut dire ça – un poème […] », et qui, une fois le projet réalisé, s’inscrit « dans une autre attente : de votre lecture » (selon le texte liminaire, repris sous forme de prose sur la 4 de couverture). La deuxième partie du recueil, Source de la Loue, est effectivement une composition actualisée[i].

Les trois cahiers, dont chacun a une chanson, sont, par contre, de nouvelles compositions. Ils sont probablement à mettre en relation avec le « petit carnet » qui figure à l’ouverture de cette première partie du recueil [ii]. Le temps de l’écriture, de la composition de l’œuvre, et le temps de la lecture (c’est-à-dire sa réception), s’inscriraient probablement dans la même durée, avec autant d’intensité.

Le manuscrit Hopkins, R.C. Sherriff (The Hopkins Manuscript), par Léon-Marc Levy

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 08 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Roman, En Vitrine, Cette semaine

Le manuscrit Hopkins, R.C. Sherriff (The Hopkins Manuscript, 1939), Traduit de l’anglais par Virginia Vermon et Daniel Apert, éditions L’Arbre Vengeur (L’arbuste véhément) 2025.480 p. 14 €

 

Si d’aucuns lecteurs se sont lassés du genre Science-Fiction à force de technologie, de jargon scientifique, de situations abracadabrantes et de complexité narrative, il y a de fortes chances qu’ils reviennent au genre avec délice par cet ouvrage purement réjouissant.

Ce roman fut publié en 1939 et cette date résonne tout au long de l’ouvrage. La guerre qui gronde dans le monde irrigue l’histoire de ses menaces et de ses causes. Entre la menace de la lune qui s’approche rapidement de la Terre et celle de la folie des hommes en proie aux rivalités politiques et impériales, à la géopolitique post‑cataclysme et à l’obstination britannique à préserver ses routes maritimes et son empire qui précipitent le véritable désastre c’est, finalement, la seconde qui sera la plus grave.