Identification

Les Livres

À propos de Les dieux ont soif, Anatole France (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Lundi, 02 Février 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche

Les dieux ont soif, Anatole France (le livre de poche) Edition: Le Livre de Poche

 

J'ai commencé à lire le livre que je devais exactement ne pas lire. Pourquoi ?

Il me transperce.

Il montre la lente, terrifiante, quasi inexorable dérive de la Révolution vers la tyrannie et la Terreur.

Il montre l’ivresse du pouvoir qui fait perdre complètement à l’homme puissant non seulement le respect de l’homme, mais le sens de l’humain.

Il montre comment le fanatisme et le sadisme font leur nid dans la conviction et parfois chez les hommes plus vertueux.

Il montre comment la nature se joue des paroxysmes.

Il montre comment les Lumières du 18e siècle se sont aisément éteintes pour faire place à l’obscurantisme et à l’Inquisition révolutionnaires.

Il me transperce parce qu’il renvoie à aujourd’hui.

Visions romaines : Didier Laroque, Bilge Karasu et autres (par Alain Mascarou)

, le Lundi, 02 Février 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED


Didier Laroque, Deux histoires romaines, La Coopérative, 2024

Bilge Karasu, Uzun Sürmüş Bir Günün Akşamı,1970, Au soir d'une longue journée, traduction d’Aslı Aktuğ et Alain Mascarou, Éditions empreinte temps présent, 2019

Émile Mâle, Rome et ses vieilles églises, Flammarion, 1942

Yannick Haenel, « Vie de Cristina Campo », Edwarda n°16 « chair et papier », mai 2024, ICI, Paris p.148-153.


I lumière, couleur et don précieux

Paule, l’héroïne de Villa Médicis, la première des Deux histoires romaines[1] de Didier Laroque, s’intéresse aux aléas de la postérité. Pour une historienne de l’art, il est piquant d’apprendre qu’il fallut attendre 1911 pour que fût reconnu l’art de Vermeer.

Pieds nus - David Allouche (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 30 Janvier 2026. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, L'Harmattan, Théâtre

Pieds nus - David Allouche - L’Harmattan – 13 novembre 2025 - Collection : En scène - 46 pages – 10 € Edition: L'Harmattan

 

Cet ouvrage court de David Allouche prouve, s’il en est besoin, qu’avec du talent on peut exprimer beaucoup en peu de pages.

Cette pièce en un acte comporte sept scènes. Les six premières sont un monologue du personnage principal, homme d’une cinquantaine d’années, attablé en la présence muette d’un serveur invisible, apostrophé « Joseph », à qui il adresse son soliloque, au Café de la Comédie-Française. Le personnage a les pieds nus. Sur sa table, deux coupes de champagne Ruinart.

Il est le seul client.

Dans la salle on joue la pièce de Pirandello, Six Personnages en quête d’auteur. La relation avec ce qui va suivre est évidente.

Verlaine Œuvres complètes en La Pléiade (Par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 29 Janvier 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Verlaine Œuvres complètes Deux volumes La Pléiade Tome I, 1664 pp, tome 2 1680 pp 138€ jusqu’au 1/04/26 ; prix définitif 148 €


Tout Paul et tout Verlaine

Tendez l’oreille ! Écoutez-les au paradis des fleurs ou aux enfers des astres, Tristan, Stéphane ou Villiers de L’Isle Adam, à moins que Marcelline Desbordes-Valmore ! Les voilà moins maudits tandis que Gallimard via Monsieur Paul les republie !! Les quatre bien peinards entre eux, l’autre faisan faisant bande à part, évidemment, ils causent et rient, ils se tapent sur le ventre et des limbes ils charrient le pauvre Lélian ! Le cher Lélian, le bon Lélian que voilà en secondes noces dans la Pléiade !

Oui les amis, oui les maudits, oui les zutiques et les vilains bonshommes, oui les petits et les grands romantiques, oui les Parnassiens à toutou, les ludions ludiques, qu’on se le dise et que l’onde en colporte des vers et des phrases, ils et elles y sont tous et toutes, via l’ambassade de Verlaine à Paris, Londres, Bruxelles et le monde ! Le voilà lui, exhaustivement, réhistoricisé, recontextualisé avec appareil critique précis et préface d’Olivier Bivort, enfin, Paul Verlaine, les œuvres complètes.

Le ciel sous nos pas, Leïla Bahssaïn (par Abdelmajid Baroudi)

Ecrit par Abdelmajid Baroudi , le Jeudi, 29 Janvier 2026. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Le ciel sous nos pas, LEÏLA BAHSSAÏN, Albin Michel 2019 Edition: Albin Michel


Le temps qu’il fait à Paris s’harmonise avec l’écriture et la lecture de ce texte. La grisaille synonyme de déception d’un paradis tant attendu coïncide avec la grisaille qui accompagne le rite de la lecture. Autrement dit, la temporalité de l’écriture va de pair avec celle de la lecture, sauf que l’ici et maintenant de la lecture exige la continuité de crainte de ne pas casser le rythme de l’assimilation et tomber dans l’oubli. Or la longévité de l’écriture impose d’autres   cérémonies telles que le langage, l’imagination et la fiction nourrie par la métaphore. Ceci dit, finir une lecture d’un texte n’est pas la même chose que finir d’écrire un texte car la finesse de l’écriture séduit la lecture et l’incite à aller jusqu’à la fin. Comment donc savourer la finesse de Le ciel sous nos pas ?

La lecture que je propose de ce texte   est d’ordre notionnel dans le but d’approcher tantôt sa relation au concret, tantôt son élan fictionnel. Et pour illustrer cette articulation, je me suis focalisé sur deux notions : la personne et la personnalité.