La légende. Boualem Sansal, Grasset.2026, 252 p. 22€
J’avais plutôt détesté « Vivre… », que j’avais trouvé tout à la fois ringard, réac, médiocre et déjà lu cent fois. Une sorte de sous-Barjavel avec plus d’un demi-siècle de retard. Mais je l’avais lu au mauvais moment. Avant qu’un gouvernement pourrissant sur pied décide qu’un auteur ça se jette en prison, ça s’utilise pour régler des comptes avec la France, ça se piétine pour avoir l’air fort. Difficile donc de lire La Légende comme s’il s’agissait là d’un livre ”comme un autre”. Première certitude : c’est à des années-lumière du Journal d’un Prisonnier du petit Nicolas S. C’est un vrai livre. Mais un livre plutôt mauvais. Des lourdeurs, voire des erreurs dues à un manque de relecture certain (auteur, éditeur ?), sans doute aussi à une écriture trop rapide. 40 jours nous dit l'éditeur. Bancal, sans objectif réel, sans noyau. La construction est problématique : ni vraiment chronologique ni vraiment thématique. Procès, emprisonnement, appel, visites, comité de soutien, départ vers l’Allemagne, Paris …tout s’entasse, tout se vaut. Non pas comme le portrait d‘un homme face à des forces qui le dépassent, ou un auteur utilisé comme bouc émissaire. Non, juste des pages, blocs, chapitres jetés là sans grand soin, par un homme désabusé, fatigué.