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Les Livres

Griffes 28 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Mardi, 17 Février 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Le Crépuscule des Hommes, Alfred de Montesquiou. 2025, Robert Laffont. 384p. 22€

Pas un mauvais livre. Très documenté, visiblement. Prix Renaudot Essai 2025. Alors que lui reprocher ? Qu’il vienne de nulle part et n’aille nulle part. L’auteur choisit quelques reporters ou photographes, nous les suivrons de leur arrivée à Nuremberg jusqu’à l’après-jugement. Après les procès, après les condamnations (et les acquittements), après les exécutions. Très chronologiquement nous partageons le quotidien, les amitiés, les coucheries, les alliances et trahisons. Nous assistons aux jeux politiques des alliés, voyons passer quelques personnages célèbres, leurs femmes ou leurs maîtresses… le lecteur a même droit à quelques coups d’œil sur les accusés. Bien moins importants sans doute que tout ce petit monde. Et c’est là que j’ai décroché : quel est en fait l’objectif de ce livre ? Son public ? Qui s’est intéressé à Nuremberg (car c’est de ces procès là que nos journalistes vont rendre compte) n’apprendra pas grand-chose. Qui en ignore la plus grande partie…n’apprendra rien.

La vie du cri -vie et cri, cri et vie, écriture du cri- Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 17 Février 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

La vie du cri -vie et cri, cri et vie, écriture du cri- Alain MARC Éditions Unicité [274 p.] - 20 €

 

Dans La vie du cri, Alain Marc poursuit une exploration radicale de l’écriture comme geste vital, exposé et conflictuel. Refusant toute conception pacifiée de la littérature, il interroge le cri comme force originaire : non un thème, mais un rythme, une poussée, une expérience-limite engageant le corps, le langage et le sens de l’existence. L’ouvrage ne propose pas une théorie du cri, mais une épreuve de l’écriture confrontée à ce qui la traverse et la déborde.

L’écriture d’Alain Marc ne prend sens que dans une continuité : de livre en livre, de fragment en fragment. La vie du cri ne saurait être lue comme une totalité close sans risquer de figer le geste même qui la fonde. Ce geste relève d’une poursuite : écrire n’est pas atteindre, mais reprendre. Le cri y surgit au point de faille d’où sourd l’expression, éveillant la chair du langage autant que la chair humaine, selon la formule de Valère Novarina. Il est rythme — force qui prend à la gorge et impose à l’écriture sa cadence.

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo (par Marjorie Rafécas Peydomenge)

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Lundi, 16 Février 2026. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Petit traité de la vertu à l’usage de ceux qui ne sont pas sages, Marc Alpozzo, Ed. Guy Trédaniel Septembre 2025, 129 pages, 9,90 €

 

Qui croit encore en la vertu ? Mot hérité du temps des romains, la vertu semble ennuyer notre époque qui préfère ruminer la « moraline », pour reprendre cette expression nietzschéenne. C’est donc une gageure, de la part de Marc Alpozzo, d’avoir voulu la dépoussiérer et tenter de la hisser vers les devants de la scène.

Nous confondons à tort « vertu » et « morale ». Pourtant, André Comte-Sponville avait déjà tenté une réhabilitation ambitieuse de la vertu avec son Petit traité des grandes vertus en 1995. Contrairement à la vertu qui cherche à nous libérer, la morale est un système de contrôle et un moule « prêt-à-penser ».

Deux seconds romans (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 16 Février 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Fatima Daas, Jouer le jeu, Editions de l’olivier, 190pp 20 €

Denis Infante, Ce que nous sommes à la fin, des enfants sauvages, éd Tristram, 176 pp 19€


Après un premier livre qui a surpris, tellement plu, bien-sûr qu’il faut un second livre pour confirmer la littérature naissante et ouvrir à l’œuvre.

Et oui, bien sûr que c’est dur !

On est sûr que le beau livre La petite dernière de Fatima Daas était un grand premier livre, surprenant, scandé par l’anaphore de tête de chapitre Je m’appelle Fatima. Ce premier roman est même devenu à toute vitesse une œuvre de cinéma, titre éponyme et bel opus ne faisant pas doublon

Alors nous avons lu son second livre avec intérêt, beaucoup d’appétit. Mais. Mais c’est un second livre !

Le jardinier et la mort, Guéorgui Gospodinov, (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 12 Février 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

Guéorgui Gospodinov, Le jardinier et la mort, Trad. du bulgare Marie Vrinat-Nikolov, 232 pp, 21,50 €

 

Soleil bulgare

Nous voilà dans le jardin le plus doux. Celui des quatre saisons et des gestes que les semaisons imposent. La mort du semeur y compris.

L’auteur, Guéorgui Gospodinov est bulgare et fils de son père, le jardinier qui est mort.

Il meurt en douceur. Au long d’un livre triste, mélancolique et joyeux comme des fleurs qui viennent au printemps, des fruits qu’on cueille à l’automne et l’odeur des terres, dans les mains, entre les ongles.

Gospodinov dit le deuil gai, le deuil doux, le deuil jardinier.

Énumération des maladies…. Mon père énumère ses maladies comme Homère les vaisseaux dans le Chant II de l’Iliade ou comme il décrit la fabrication du bouclier d’Achille au chant XVIII.