Le charme grave des excipits
En déambulant dans un cimetière, qui ne s’est pas attardé, un jour ou l’autre, sur telle ou telle tombe et les épitaphes qui y sont gravées ? On peut être intéressé, surpris, interrogé par certaines d’entre elles ? Quelques-unes ont choisi la sobriété. Simplement un nom et des dates, d’autres optent pour une citation religieuse, littéraire, philosophique ou purement personnelle. Le roman de Felix Macherez « L’épitaphe », publié dans la collection L’Arpenteur chez Gallimard, se focalise étrangement sur ce dernier texte qui vient clore le parcours d’une vie et qui accompagne de nombreux gisants.
On suit un personnage, Cid Sabacqs, aussi curieux que peut l’être son nom, dans une quête tout aussi étrange. Ce Cid Sabacqs n’est pas particulièrement sympathique, mais le protagoniste central d’un roman doit-il nécessairement l’être ? On le présente comme vaniteux, il cultive avec réussite « l’hostilité générale » à son égard, crache sur le « sale petit bonheur des hommes ». Il a trente-trois ans, l’âge de la maturité et semble las de tout, fatigué de la vie et des autres. Celui qui semble être un disciple de Cioran promène une « maigre et hautaine figure » parmi ses semblables ; il vit de désenchantement, d’ennui et de langueur.