J'ai dit Velours. Je viens de terminer la lecture de cette courte, très courte pièce de théâtre en quatre actes. Velours, la bien-nommée, mélange d'insolence, d'indulgence, de bon sens et d'extrême amour, m’est apparue comme la Folle de Chaillot d'aujourd'hui. Dieu sait si j'aime La Folle de Chaillot.
Précisons le titre : J'ai dit velours. Autrement dit : Je te l'ai dit, Velours ! Je te le redis, Velours ! Écoute-moi ! C'est l'Église qui parle, mais c'est peut-être Dieu qui nomme Velours la petite mécréante insoumise.
La plume de Martine Roffinella est une griffe, sous-tendue par les griffures de la vie. Une griffe qui exhale l'amour, celui qu'on donne, celui qu'on appelle, qui ne vient pas et qui afflige.
Aucun chiqué. Le chiqué, on le voit souvent chez des auteurs qui se piquent d'écrire à la Céline. Ici rien ne sonne faux. Rien de fabriqué. Une langue forte, issue des entrailles et qui, en cela, aurait intéressé Céline et Jehan-Rictus, l’auteur des Soliloques des pauvres.