Contextualisons cette lecture en deux temps. Ici, à La Cause Littéraire, les rédacteurs sont incités à écrire au fil de leurs envies, qui parfois croisent l’actualité, d’où un contenu éditorial où des classiques côtoient des nouveautés ; pour un amateur de littérature aimant à partager, cette liberté est précieuse, car on a parfois envie de mettre le présent entre parenthèses et de plonger dans le passé, façon pêcheur de perles, et raconter émerveillé ce qu’on y a croisé. Seconde motivation, liée à ma profession. Tous les ans, je fais regarder à mes élèves La Vie est belle de Roberto Benigni pour les faire réfléchir à la problématique éthique que pose cette représentation cinématographique, façon comédie sentimentale de surcroît, de la Shoah ; la polémique n’est pas neuve, elle a quasi trente ans, mais peut-être la distance temporelle, se creusant chaque année avec le sujet apparent de ce film, est-elle une incitation à faire ressentir la nécessité de réfléchir à ce qui ressemble très fort au trou noir de l’Histoire, sidérant, et à comment en parler, comment l’évoquer. Et en cours de séquence, je mentionne brièvement, trop brièvement Si c’est un homme, tout en disant aux élèves que c’est peut-être le témoignage à lire sur la Shoah. À ceci près qu’il y a bien vingt ans que je ne l’ai plus lu. D’où ce désir d’y retourner.