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Les Livres

La Route de Roswell, Connie Willis (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 25 Août 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Actes Sud, En Vitrine, Cette semaine

La Route de Roswell, Connie Willis, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Simon, Actes Sud, juin 2026, 432 pages, 23,50 € Edition: Actes Sud

 

Connie Willis est entre autres l’autrice d’une série de romans mettant en scène des historiens de l’illustre Oxford voyageant dans le temps, avec toutes les conséquences que cela peut avoir, tant sur leurs esprits que sur le monde, avec tout le risque d’uchronie que cela comporte. Avec un humour pince-sans-rire qui pourrait la faire passer pour anglaise (quiconque n’a pas ri aux éclats en lisant Sans parler du chien doit impérativement procéder à un bilan neurologique), Willis montre des historiens dont les études peuvent mener à de graves dangers – étudier Pearl Harbor, c’est s’y rendre… Cette série lui a valu d’être primée par la sainte trinité des amateurs de SF : le Nebula, le Hugo et le Locus. C’est dire si son œuvre est de qualité, et si on attend chaque nouveau roman avec délectation

Histoire de Dalila-la-Rouée, Les Mille et Une nuits (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 25 Août 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays arabes, Zulma, Contes, Cette semaine

Histoire de Dalila-la-Rouée, 4ème volume du Livre des Mille et Une nuits, trad. J. C. Mardrus, 176 p., éd. Zulma, juin 2026, 9,95€ Edition: Zulma

 

Schahrazade et Dalila


Dans le khalifat de Bagdad, Schahrazade, entre la 432ème et la 475ème nuit, invente un nouveau conte pour éloigner la sentence de mort prononcé par son époux, le sultan Shariar, et se tait dès l’apparition de l’aube - et ce, durant mille et une nuits. Dans la vieille ville irakienne, Dalila, rompue à la rouerie, arrive à tromper le petit peuple, les marchands et les puissants. Les oppositions sont fortes entre les « gros émoluments », une « vieille redoutable » en haillons, « la jeune épouse de l’émir (…) si belle ! et brillante comme un vrai trésor de tous les bijoux dont elle était ornée, et lumineuse comme une coupole de cristal des blancs habits de neige dont elle était vêtue ».

À l’écoute des bêtes, Catherine Andrieu (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 25 Août 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Cette semaine

À l’écoute des bêtes, Catherine Andrieu, éditions Sémaphore [116 p.] – 16€

 

À l’écoute des bêtes ou Quand la terre respire : la mémoire sauvage du vivant selon Catherine Andrieu

Publié aux éditions Sémaphore dans la collection Cahier Nomade, dirigée par le poète, écrivain et essayiste breton Bruno Geneste, À l'écoute des bêtes de Catherine Andrieu est de ces livres rares qui semblent avoir été moins écrits que traversés. La poète et peintre plasticienne nous en avertit d'ailleurs dès l' "Avant-dire" : « Il est des livres que l'on n'écrit pas. Ils vous traversent, vous arrachent à vous-même, et vous déposent, les paumes vides, sur la grande page nue du monde. »

D'emblée, un mystère se présente au lecteur. Si le titre À l'écoute des bêtes est gravé sur la première de couverture, illustrée par la photographie saisissante d'un loup – ou peut-être d'une louve –, le texte s'ouvre pourtant sur un autre intitulé : Quand la terre respire. Comme si deux livres coexistaient dans un même volume. Comme si le premier titre désignait l'écoute, tandis que le second révélait la source profonde de cette écoute : le souffle même du monde. Entre les deux se déploie une œuvre de passage, une traversée des mémoires enfouies, des présences invisibles et des voix oubliées.

Lagons maudits, Quatre nouvelles de Livia Léri (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Lundi, 24 Août 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, En Vitrine, Cette semaine

Lagons maudits / Quatre nouvelles de Livia Léri / Editions Le Pas de l’Homme / Mai 2026 / 58 pages / 12€


Le parfum amer des lointains

 

Les lointains ont toujours nourri de grandes rêveries. L’Occidental, engoncé dans un quotidien bien morne, un climat brumeux ou un environnement triste n’en finit pas de s’abandonner à une rêverie exotique. On comprend qu’il soit, à un moment de son parcours, taraudé par l’impérieuse envie de se détourner vers l’ailleurs, d’aller là-bas, mû par une forme de quête du bonheur. « Le quotidien fait le bourgeois » écrivait Henri Michaux. Et Dieu sait que l’on s’est « quotidianisé » (désolé pour ce néologisme) ou embourgeoisé ! L’idée de rejoindre des paysages, des sonorités ou des odeurs d’un monde d’ailleurs, pour fuir, oublier, découvrir, s’exalter est profondément inscrite en chacun, que l’on soit un simple quidam, un peintre de renom ou du dimanche, un écrivain, ou un poète. Nombre ont cédé à ce désir. Tout un imaginaire riche de rêves, de fantasmes, est né de cette envie mais aussi beaucoup de clichés et d'idées toutes faites.

La Pianiste, Isabelle Amonou (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 24 Août 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Cette semaine

La Pianiste, Isabelle Amonou, éd Dalva, 431 pp


Iode et ode

Rentrons d’entre rochers gris et vagues puissantes. Du Finistère.

La pianiste d’Isabelle Amonou nous y a conduits. Bord d’estran, rangées d’écume, Fort du Taureau ou raz de Batz, allons-y à la nage bien que ce ne soit pas recommandé par la sécurité civile ni la SNSM (Sauveteurs en mer).

La pianiste n’a plus qu’une main, débrouillez-vous de cette partition et entrez au cours de natation.

Faire un livre ou écrire un livre ne renvoie pas au même. Pour le faire ou l’écrire, deux solutions. Se laisser emporter, aller aux vents de soi, courir sur ses chevaux de mer et sans brides. Ou, au contraire, comme Isabelle Amonou, tenir tout très serré.

Faire œuvre de didactisme, continuer de donner la leçon, ici de musique, là d’amour, ou, pour encore plus d’intrigues, y mêler la grande Histoire, Berlin anéantie, un viol, une fille née de ce viol, Jeanne, donc pianiste.