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Les Livres

Dimanches d’août, Patrick Modiano (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 18 Juin 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Dimanches d’août, Patrick Modiano, Folio 1989 (parution en 1986), 186 pages, 7,99 euros. . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Folio (Gallimard)


« Toute la journée, je l’attendais, allongé sur le lit de ma chambre.

Le soleil, à travers les persiennes,

dessinaient des taches blondes

sur les murs et sur sa peau. »

Est-ce parce que le narrateur, photographe, a aimé les jeux de lumières sur les murs et la peau de Sylvia que le souvenir que l’on risque de garder du roman est associé à la série de Lucien Clergue, Nus zébrés ? Le héros du roman, en tout cas, a renoncé à devenir artiste, disposé tout au plus à vivre de polaroïds vendus aux touristes de passage sur la Promenade des Anglais. En attendant, il s’est laissé photographier par un confrère et le cliché le représentant lui en rappelle un autre, conservé dans son portefeuille.

Il fallait que vous soyez tous là, François Laërte (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 18 Juin 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Il fallait que vous soyez tous là, François Laërte, éditions Douro

 

L’odyssée intérieure des jouets, de l’enfance et de la transmission

Il existe des romans qui racontent une histoire, et d’autres qui ouvrent une chambre secrète de la mémoire. Il fallait que vous soyez tous là de François Laërte appartient à cette seconde catégorie. Roman profondément sensible et poétique, bien qu’il épouse pleinement la forme romanesque, il déploie un univers d’images, d’ambiances et de résonances intérieures qui happent immédiatement le lecteur.

Dès les premières pages, l’écriture se révèle immersive, visuelle, presque cinématographique. François Laërte possède l’art de faire surgir un décor comme on entrouvre une scène de théâtre obscurcie par la poussière du temps :

Les façades vétustes ruisselaient de crasse et d’humidité, et quelques enseignes lumineuses tentaient d’égayer encore un peu le décor. Un caviste qui avait fait fortune de la mélancolie ambiante, une laverie qui puait l’amidon et la solitude, un bar-tabac qui servait des piquettes austères et de l’oubli à la pression.

Septembre noir (Settembre Nero), Sandro Veronesi (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 17 Juin 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Grasset, Italie

Septembre noir (Settembre Nero), Sandro Veronesi, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, Grasset 2026 Edition: Grasset

 

D’où vient cette lumière intérieure qui habite le jeune héros de 12 ans de ce roman ?

Il irradie autour de lui et sur nous, par le seul miracle de la littérature, d’une écriture naturelle et ciselée, il vibre de vie et de passion, il transmet une énergie vitale débordante. Gigio, c’est ainsi qu’on appelle le jeune narrateur, prend place dans une tresse dont les brins sont Van de Vladimir Nabokov, le Narrateur de Marcel Proust, Tadzio de Thomas Mann et tous les jeunes adolescents dont la littérature s’est emparée pour explorer les ombres et lumières de ce passage explosif vers la sortie de l’enfance.

Pourtant ce roman est d’une grande douceur. Le monde de Gigio, sa mère, sa sœur, son père, et le cadre du roman, des vacances sur une plage estivale en Toscane, est inondé d’une lumière éblouissante que rien ne semble pouvoir ternir. Rien ? Pas vraiment car Sandro Veronesi utilise volontiers ce procédé narratif qui consiste à confier au lecteur des annonces lapidaires qui laissent entrevoir les événements futurs, toujours funestes.

The Sick Bag Song, Nick Cave (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 17 Juin 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, La Table Ronde

The Sick Bag Song, Nick Cave, Editions La Table Ronde, traduction de Serge Chauvin, parution 2 avril 2026, 188 pages, 20 euros. Edition: La Table Ronde


The sick bag song est tout d’abord un livre particulier, un objet littéraire devrait-on dire, puisqu’il s’articule en petits chapitres, chacun débutant par une photo de sac vomitoire, ce qui, à l’évidence ne peut que surprendre, mis à la disposition des voyageurs sur les lignes aériennes de l’Amérique du Nord. Ces sacs vomitoires ont servi au chanteur à écrire des textes durant les vols.

Nick Cave, avec les Bad Seeds qui l’accompagnent depuis toujours, est en tournée en Amérique du Nord. Nous sommes en 2014, la tournée durera plus de deux mois, conduisant le chanteur et le groupe de ville en ville. Et à chaque voyage, Nick Cave va griffonner sur ces fameux sacs des impressions, des textes de chansons, des notes parfois triviales comme d’autres seront plus lyriques, Ce sont aussi des visions qui seront écrites, dévastatrices, apocalyptiques, ou empreintes d’envolées extatiques.

L’homme qui écrivait les arbres, Jean Giono (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mardi, 16 Juin 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

L’homme qui écrivait les arbres, Jean Giono, Editions Gallimard. Folio. Sagesses vertes, Avril 2026, 96 pages, 4€ Edition: Folio (Gallimard)

 

Au royaume des arbres

Il y a de multiples manières d'aborder l'œuvre de Giono. La nature en est une, avec les paysages de Haute-Provence, les collines, les grands espaces solitaires, la Durance et ses affluents, et enfin la présence des arbres. Pour ces derniers, il nous vient à l'esprit immanquablement sa belle nouvelle "l'homme qui plantait des arbres". On pense également à l'un de ses romans majeurs "Un roi sans divertissement" où tout commence autour de la figure majestueuse d'un hêtre. Ou encore, dans ses romans "Que ma joie demeure" ou "Le Chant du monde" dans lesquels les paysages forestiers donnent une impression de force immense où l’homme peut retrouver comme une forme de vitalité.

Et un petit bonheur de l’édition vient de nous être livré. Folio, dans sa collection « Sagesses vertes », rassemble quelques textes de Giono dans un ouvrage intitulé « L’homme qui écrivait les arbres ». L’ouvrage est composé de cinq textes, récits qui tiennent de l’essai ou de l’article de presse, écrits entre 1930 et 1960.