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Les Livres

Si c’est un homme, Primo Levi (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 09 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Pocket, En Vitrine, Italie, Cette semaine, Classiques

Si c’est un homme, Primo Levi, traduit de l’italien par Martine Schruoffeneger, Pocket, octobre 1998, 213 pages, 7,40 € . Ecrivain(s): Primo Levi Edition: Pocket

 

Contextualisons cette lecture en deux temps. Ici, à La Cause Littéraire, les rédacteurs sont incités à écrire au fil de leurs envies, qui parfois croisent l’actualité, d’où un contenu éditorial où des classiques côtoient des nouveautés ; pour un amateur de littérature aimant à partager, cette liberté est précieuse, car on a parfois envie de mettre le présent entre parenthèses et de plonger dans le passé, façon pêcheur de perles, et raconter émerveillé ce qu’on y a croisé. Seconde motivation, liée à ma profession. Tous les ans, je fais regarder à mes élèves La Vie est belle de Roberto Benigni pour les faire réfléchir à la problématique éthique que pose cette représentation cinématographique, façon comédie sentimentale de surcroît, de la Shoah ; la polémique n’est pas neuve, elle a quasi trente ans, mais peut-être la distance temporelle, se creusant chaque année avec le sujet apparent de ce film, est-elle une incitation à faire ressentir la nécessité de réfléchir à ce qui ressemble très fort au trou noir de l’Histoire, sidérant, et à comment en parler, comment l’évoquer. Et en cours de séquence, je mentionne brièvement, trop brièvement Si c’est un homme, tout en disant aux élèves que c’est peut-être le témoignage à lire sur la Shoah. À ceci près qu’il y a bien vingt ans que je ne l’ai plus lu. D’où ce désir d’y retourner.

Trois cahiers avec une chanson Suivi de Source de la Loue, Jean-Charles Vegliante (par Valérie T. Bravaccio)

Ecrit par Valérie T. Bravaccio , le Mercredi, 09 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Cette semaine

Trois cahiers avec une chanson Suivi de Source de la Loue, Jean-Charles Vegliante, édition de l’Atelier du Grand Tétras, 2020, 64 p., 12 €


Le thème dominant du nouveau recueil de Jean-Charles Vegliante est le temps du travail d’écriture, celui d’une mise au propre de « […] quelques bouts / de quelque chose qui deviendra peut-être / si l’on peut dire ça – un poème […] », et qui, une fois le projet réalisé, s’inscrit « dans une autre attente : de votre lecture » (selon le texte liminaire, repris sous forme de prose sur la 4 de couverture). La deuxième partie du recueil, Source de la Loue, est effectivement une composition actualisée[i].

Les trois cahiers, dont chacun a une chanson, sont, par contre, de nouvelles compositions. Ils sont probablement à mettre en relation avec le « petit carnet » qui figure à l’ouverture de cette première partie du recueil [ii]. Le temps de l’écriture, de la composition de l’œuvre, et le temps de la lecture (c’est-à-dire sa réception), s’inscriraient probablement dans la même durée, avec autant d’intensité.

Le manuscrit Hopkins, R.C. Sherriff (The Hopkins Manuscript), par Léon-Marc Levy

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 08 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Roman, En Vitrine, Cette semaine

Le manuscrit Hopkins, R.C. Sherriff (The Hopkins Manuscript, 1939), Traduit de l’anglais par Virginia Vermon et Daniel Apert, éditions L’Arbre Vengeur (L’arbuste véhément) 2025.480 p. 14 €

 

Si d’aucuns lecteurs se sont lassés du genre Science-Fiction à force de technologie, de jargon scientifique, de situations abracadabrantes et de complexité narrative, il y a de fortes chances qu’ils reviennent au genre avec délice par cet ouvrage purement réjouissant.

Ce roman fut publié en 1939 et cette date résonne tout au long de l’ouvrage. La guerre qui gronde dans le monde irrigue l’histoire de ses menaces et de ses causes. Entre la menace de la lune qui s’approche rapidement de la Terre et celle de la folie des hommes en proie aux rivalités politiques et impériales, à la géopolitique post‑cataclysme et à l’obstination britannique à préserver ses routes maritimes et son empire qui précipitent le véritable désastre c’est, finalement, la seconde qui sera la plus grave.

La complainte du matelas ou L’amour blessé, toujours blessé, Claire Fourier (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 08 Septembre 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Cette semaine

La complainte du matelas ou L’amour blessé, toujours blessé, Claire Fourier, Éditions Tinbad (2026) [230 p.] - 22€

 

La mémoire horizontale des vivants : Claire Fourier ou l’intelligence féminine du réel

Il arrive que la littérature élise domicile dans les objets les plus humbles. Là où Francis Ponge, dans Le Parti pris des choses, donnait voix au savon, à l'huître, au cageot ou au galet, en révélant la densité poétique de leur matérialité, Claire Fourier choisit un compagnon plus discret encore : un matelas abandonné sur un trottoir.

Objet dérisoire en apparence, mais contenant tout un monde, ce matelas n'est jamais un simple meuble. Il devient archive des corps, conservatoire des passions, mémoire silencieuse des vivants. Il recueille les traces du sommeil et du désir, des naissances et des séparations, des maladies et des deuils. Il est mémoire. Il est témoin. Il est presque une conscience.

La Migration annuelle des nuages, Premee Mohamed (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 07 Septembre 2026. , dans Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Roman, Cette semaine

La Migration annuelle des nuages, Premee Mohamed, trad. de l’anglais par Marie Surgers, L’Atalante/La Dentelle du Cygne, janvier 2025, 176 pages, 12,50 €

 

Petite remarque préliminaire : si j’observe mes lectures récentes en science-fiction, je m’aperçois d’un double phénomène concernant les publications elles aussi récentes, le second s’agrégeant au premier : primo, les autrices l’emportent en nombre sur les auteurs ; secundo, les noms de ces autrices sont de plus en plus régulièrement autres qu’anglo-saxons ou français. C’est peut-être un hasard, ou une suite de choix inconscient de ma part, mais si tel n’est pas le cas, cela indiquerait un changement de paradigme dans la science-fiction : des récits probablement moins dominés par la testostérone et d’un esprit moins nécessairement occidentalo-centré. C’est une évolution intéressante, qui pourrait répondre à une demande inconsciente de renouvellement du genre.