On a négligé d’évoquer ici la formidable série Les Voyageurs, quatre tomes d’une science-fiction quasi solaire, réjouissante au possible, signés Becky Chambers. On l’a négligé, et on a eu tort – d’où cette critique dithyrambique d’un mince recueil de cinq nouvelles, puisque la cinquième, qui donne son titre au recueil, est située dans l’univers des Voyageurs – comme un ultime appendice, un ultime aperçu des interactions aussi passionnantes que touchantes et profondément… humaines existant entre toutes les espèces peuplant les diverses galaxies traversées dans cette série. Ici, une seule, ou du moins essentiellement une planète, celle dont sont originaires les Sianat, ces « paires » sans lesquelles la navigation interstellaire serait impossible.
Oui, dit comme ça, quiconque souffre d’un manque d’intérêt pour la science-fiction, cette supposée littérature pour amoindris du bulbe, baille et se demande ce qu’il y a à attendre d’une histoire fleurant bon le space opera. Tout, tout est à attendre, car Becky Chambers donne à chacun de ses personnages une profondeur troublante, incitant le lecteur à s’intéresser à son âme, voire à s’y attacher, surtout dans ses rapports aux autres personnages, certains n’étant pas du tout de son espèce mais les rapports entre tous étant majoritairement pacifiques.