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Articles taggés avec: Chauché Philippe

Lettres à Philippe Sollers (1981-2008), Dominique Rolin (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 11 Mars 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Correspondance, Gallimard

Lettres à Philippe Sollers (1981-2008), décembre 2020, 425 pages, 24 € (*) . Ecrivain(s): Dominique Rolin Edition: Gallimard

« Le lys d’or est, à la lettre, un livre “foudroyant”. Mille courants électriques s’allument sur ma peau, dans ma tête et mon cœur à mesure que j’avance dans cet éblouissant récit » (Mardi 16 juillet 1991, 17h30).

« … tu m’a appris la patiente de l’écriture, ses refus troublants, ses élans de voltigeuse entre deux trapèzes… T’aimer est mon instrument, ma passion, ma joie. Dors bien, Hombre, tu es un vrai dieu » (Mercredi 10 juillet 2002, 20 heures).

« Le temps file entre les doigts, et je m’accroche à toi pour tenir le coup dans mon travail. Ce que je te dois, minute par minute, est incalculable. C’est le Temps » (Philippe Sollers) (1).

Ce sont désormais quatre volumes de correspondances entre les deux écrivains amoureux, entre deux passions fixes (2), qui s’offrent à nous. La passion littéraire française s’accorde merveilleusement bien à la correspondance, comme elle s’accorde au Journal Amoureux de Dominique Rolin (3) – Cet échange permanent de lettres, souvent quotidiennes, entre Dominique Rolin et Philippe Sollers, aura duré cinquante ans, de 1958 à 2008, l’année où Dominique Rolin s’absente peu à peu dans la maladie – …je ne suis plus qu’un maigre rameau désordonné.

Le Fou et la Licorne, Éric Poindron (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 04 Mars 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Le Fou et la Licorne, éditions Germes de barbarie, février 2020, postface Pierre Michon, 240 pages, 17 € . Ecrivain(s): Eric Poindron

« Certains poètes n’écriront jamais le moindre vers, d’autres deviendront des météores ou des planètes dans la galaxie littéraire. Chaque destin reste à écrire » (Liminaire de l’éditeur).

« Revues, livres et dictionnaires s’entassent tandis qu’entre crépitement et silence, le sculpteur astronome rêve à Saturne. Il boit un whisky et lit Paul-Jean Toulet, Si tu as peur de la mort, n’écoute pas ton cœur battre la nuit (Le sculpteur du temps, Éric Poindron).

Éric Poindron ressemble à s’y méprendre (heureuse méprise) au cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz (1) : même imaginaire foisonnant, même fascination pour les livres magiques, le fantastique facétieux, même passion pour les boîtes à musique, les machines à remonter le temps, les pirates, les magiciens, les collections, les cabinets de curiosité et L’esprit de l’escalier (2), ce qui n’est pas dit, finit par être écrit. Il suffit pour s’en convaincre, de voir ou de revoir les films du réalisateur voltigeur, par exemple : L’Hypothèse du tableau volé, Les trois couronnes du matelot, La ville des pirates, Trois vies et une seule mort, ils ne ressemblent à aucun autre film de cinématographe, par leurs trouvailles, leur originalité, l’effervescence baroque qui les illumine, la croyance qu’ils portent aux images animées, 24 éclats par seconde, comme au tout début du cinématographe.

Les Cabanes du narrateur, Œuvres choisies, Peter Handke (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 24 Février 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Langue allemande, Nouvelles, Roman, Gallimard

Les Cabanes du narrateur, Œuvres choisies, Peter Handke, Quarto/Gallimard, novembre 2020, 1152 pages, 26 € (1) Edition: Gallimard

 

« En marchant par l’écriture, en écrivant par la marche, Peter Handke a cherché ce paradis en cherchant ces mots, l’un par les autres, et il lui est arrivé de les trouver. Ces livres sont les étapes d’un exploit » (Le chemin se fait en marchant, Philippe Lançon).

« Je marchais, vivifié par le vent debout ; le bleu de la montagne, le brun des forêts et le rouge carmin des corniches de sable, c’étaient mes pistes de couleur » (La Leçon de la Sainte-Victoire).

« Pendant que le ciel se faisait couleur de soufre, une friche verdissait dessous et les sentes à travers les champs de décombres devenait vert mousse. Alors que tout était depuis longtemps plongé dans le crépuscule, un buisson d’églantier traçait un arc lumineux » (Essai sur le juke-box).

Retour à Philadelphie (promenade analytique et amoureuse avec Rocky et Stallone), Quentin Victory Leydier (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 11 Février 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais

Retour à Philadelphie (promenade analytique et amoureuse avec Rocky et Stallone), Quentin Victory Leydier, éditions LettMotif, juillet 2020, 200 pages, 18 €

 

« Rocky n’a que ça : sa capacité à résister, sur un ring comme il le fait dans la rue, dans la vie. Et c’est cette manière d’être, tout en humilité, qu’il va inculquer aux spectateurs d’une part, et à ceux qu’il va côtoyer par la suite, d’autre part. Ce n’est pas innocent si beaucoup de répliques du boxeur dans les différents films sonnent comme des aphorismes et une d’elles est assez magistrale, il faut le reconnaître, elle vient du dernier : L’important n’est pas d’être cogneur, mais d’être cogné et d’avancer quand même. D’encaisser et de continuer. C’est comme ça qu’on gagne ».

Voilà un beau pari fou, le pari d’un cinéphile curieux, pari d’écrire un livre sur Rocky/Stallone, pari de miser sur un plaisir partagé et une mémoire commune. Diable ! Stallone, peut-être le plus honni, ou tout au moins le cinéaste et le comédien, le plus ignoré d’une grande partie de la critique cinématographique, qui n’y voit qu’une machine de guerre impérialiste, marqué au fer rouge, si je puis dire, par les années Reagan.

Les Cahiers de Tinbad, Littérature/Art, Automne 2020 et Tolstoï vivant, André Suarès (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 03 Février 2021. , dans La Une CED, Les Chroniques, Revues

Les Cahiers de Tinbad, Littérature/Art, Automne 2020, 127 pages, 16 € Tolstoï vivant, André Suarès, octobre 2020, 178 pages, 18 €

 

« J’aime à penser que le monde que j’ai créé est une sorte de clé de voûte de l’univers ; que, si petite soit-elle, si on la retirait, l’univers s’effondrerait (William Faulkner, Entretien avec la Paris Review).

« Il ne faut surtout pas oublier que pour le poète des Sonnets l’amour a le pouvoir d’entendre avec les yeux (To hear with eyes belongs to love’s fine wit). Shakespeare dialogue avec son art, débat de sa poésie, commente son double métier de dramaturge et de poète (“mon nom a été marqué par le métier comme le sont les mains du teinturier”), (Claude Minière, Vents capricieux Shake-Speare).

S’il nous fallait retenir qu’un seul mot pour définir le contenu de la nouvelle livraison des Cahiers de Tinbad nous pourrions choisir : étourdissant, au sens de stupéfaction admirative. Admiratif des Sonnets de William Shakespeare et du regard que leur porte Claude Minière (1), saisissant ce qu’il y a de désir chez le poète dramaturge, ce don dans le chant, dans l’art de la composition poétique.